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Friendsgiving et Black Friday

Premier Thanksgiving en terre US. Tout ce que je connaissais de Thanksgiving jusqu’à présent, devait se limiter aux épisodes annuels de Friends. Et bien en vrai, c’est pas fort différent. On fait une quantité de bouffe monstrueuse (la dinde faisait 14 pounds tout de même, pour… 5 personnes), on remercie d’être so blessed, on mange jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus, on boit du bon vin, on regarde un peu le foot américain puis on regarde un film et on s’endort devant en faisant une bonne sieste… En gros, cela ressemble à un pré Noël.

Et en fait, Thanksgiving pour les américains représente, c’est mon impression, la fête familiale par excellence, encore plus que Noël. Ils sont capables de faire des centaines de kilomètres pour une fête en famille, souvent élargie. Pas de cadeaux mais une véritable envie de passer du temps ensemble. Il faut s’imaginer que bien souvent, les américains vivent loin de leur famille, surtout à DC, capitale fédérale oblige, où beaucoup de personnes vivent là en raison de leur job et pas vraiment par qu’elles sont originaires de la ville. Et le territoire de ce pays est tellement immense…  La notion des distances est vraiment différente de notre perception européenne, et encore plus, de notre petite perception belge. En Belgique, quand tu fais 3 heures de route, tu es déjà à l’étranger. Ici, c’est pas un problème de faire l’aller-retour dans la journée.

Pour nous, pas de famille dans le coin donc ça tombait bien que nos voisins, qui pour une fois ne passait pas Thanksgiving dans leur famille, nous invitent pour nous faire découvrir leur tradition: donc dinde énorme, purée, gravy (sauce accompagnant la viande et les patates), yams (patates douces épicées), haricots verts, pommes caramélisée, pumkin pie et crème fraîche en dessert… D’où l’appellation Friendsgiving, quand tu passes Thanksgiving avec tes amis et non en famille.  En passant par là, j’en ai profité pour leur faire découvrir une de nos traditions: le vin chaud! Ils ont apprécié (même si avec les américains, c’est toujours un peu compliqué de savoir car tout est toujours amazing). Mais bon c’est toujours bon le vin chaud!

Et le corollaire de Thanksgiving, c’est le Black Friday! Pour ceux qui ne connaissent pas, le lendemain de Thanksgiving (qui tombe toujours le 4ème jeudi de novembre), soit un vendredi, c’est un jour de soldes monstres. Si aux US tu as déjà des soldes pour à peu près toutes les occasions (Labor Day, Memorial Day, Veteran Day…), le Black Friday, c’est supposé être encore mieux. Alors, pour vraiment pousser le truc à fond, certains magasins ouvrent déjà le jour de Thanksgiving à minuit, voire même déjà à 20 heures (c’est un peu comme ouvrir les magasins à 20 heures le jour de Noël: impensable en Belgique). Donc en gros, après avoir mangé et bu toute la journée en profitant de ton jour férié, tu te pointes à ton magasin préféré avec plein d’autres gens qui ont eu la même bonne idée, pour aller acheter des trucs dont tu n’as sûrement pas besoin (où pour commencer tes courses de Noël, c’est vrai qu’on est déjà presque en décembre) et surtout, les magasins restent ouverts toute la nuit! Acheter un écran plat à 3 heures du mat, qui dit mieux? Chaque année, il y a des quasi émeutes dans certains magasins, surtout d’électro… Bref, très peu pour moi. Je m’y suis risquée uniquement le vendredi aprèm et franchement, c’était comme un bon samedi. Mais c’est vrai que je me suis limitée aux magasins de fringues.

Et puis le Black Friday est suivi du… Cyber Monday, le lundi suivant! Rebelote mais sur le net cette fois. En gros, grosses promos un peu partout pendant la semaine qui précède Thanksgiving et celle qui suit. Je consomme, tu consommes…

Et à peine Thanksgiving passé, il ne faudrait pas retomber dans le creux de la vague. Bim, dès le samedi, c’est Noël qui commence! Tu vas chercher ton sapin et tu te mets à chanter du Kenny Rogers.

Enfin voilà, pour moi qui ai été élevée dans l’idée que « on ne fait pas de sapin avant le 15 décembre sinon c’est trop tôt » (dixit ma gentille maman), ça me change vachement mais ça tombe bien, j’adore Noël. Happy Holidays!

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Happy campers

Première échappée hors de DC pour nous le week-end dernier, puisque nos gentils voisins nous avaient invité à venir camper avec eux et 2 couples de leurs amis (anciens cokotteurs de Lauren), dans le Shenandoah National Park.

On a eu du bol, le shutdown n’était pas encore en action… A un week-end près, on aurait acheté notre tente et nos super matelas chez REI pour rien puisque tous les parcs nationaux (entre autres) sont fermés depuis mardi.

En résumé, un week-end super où on a pu partager à l’envi toute la culture du camping à l’américaine. Entre clichés cinématographiques et belle nature, on a été servi.

Avant tout, c’est très ordonné. Pour moi qui n’avait quasiment connu le camping qu’en festivals (et au passage, les ricains, quand tu leur racontes, ils n’en reviennent pas que tu aies pu voir Bloc Party, les Killers et Coldplay sur la même soirée), ben… ça n’a pas grand chose à voir car pas question de faire ce que tu veux quand tu veux et où tu veux.

Tout a commencé quand on a voulu mettre 3 tentes sur notre gigantesque emplacement de camping en plein milieu des bois (ah non, le ranger te dit que c’est maximum 2 tentes par emplacements, faut la déplacer de 5 mètres…), ça a continué quand Thom a eu la bonne idée de couper un arbre mort à la hache (ah non, les rangers te disent qu’il est interdit de couper du bois mort, juste autorisé de le ramasser par terre), et ça s’est terminé par une descente du ranger en chef venu nous interroger fermement pour cause de dénonciation calomnieuse.

Alors que je suis en train de faire une bonne sieste du juste, j’entends un type qui débarque sur notre campement et qui somme tout le monde de sortir son ID et de lui avouer ce qu’on a à se reprocher. Là tu fais pas le malinois car rien qu’à l’intonation du gars, tu sais qu’il faut pas faire le malinois. On lui demande très très poliment quel est le problème. Il pose tout un tas de questions très directes pour finalement nous demander si on sait quelque chose au sujet d’une pipe, laquelle lui a été signalée par un de ses gars qui nous surveillait (déjà que c’est pas rassurant de savoir que tu peux voir débarquer un ours à n’importe quel moment, si en plus un pseudo garde te mate depuis la forêt autour sans faire de bruit, merci…). Ben, non, on a pas de pipe nous (pour du crack ou quoi). Il nous dit clairement qu’il nous demande pour la dernière fois si on a rien à se reprocher car après lui, il y aura plus tard une descente pour vérifier qu’il n’y a rien d’illégal ici et s’ils trouvent qqch, ben c’est la prison direct. Ben non, Sir, rien, on a juste tenté de couper un arbre mort mais on nous a dit qu’on pouvait pas. C’est noté, punt.

Perso, quand je lui ai tendu gentiment mon passeport, j’ai eu droit à un très sec: « Where’re you from? » Non seulement c’est marqué sur le passeport mais en plus j’ai vraiment eu l’impression qu’il posait la question car c’était bizarre qu’un étranger soit là. J’ose pas imaginer si j’avais été mexicaine ou palestinienne…

Bref, au bout de 5 minutes, il se radoucit comme un agneau, d’autant plus au moment où il se rend compte que les gobelets sur la beerpong table (célèbre jeu bibitif pour ceux qui ignorent) sont remplis avec de l’eau… Il a vraiment eu l’air déçu, dans le genre, pfff, bande de petits joueurs!

Ensuite, on a eu droit à tous les classiques du camping: les super burgers bien juteux, les délicieux hot dogs Nathan’s cuits sur une pique, les marshmallows qu’on fait fondre dans le feu (sur une pique également) puis qu’on place entre 2 biscuits et un morceau de chocolat (ça s’appelle un s’more, car « I want some more« ) et même un bon vieux chili. Sans oublier que, chaque nuit et chaque fois qu’on quitte le camps, toute la bouffe doit impérativement être rangée dans la boîte spécialement conçue pour résister à toute tentative d’ouverture par un ours (résistant et compliqué à ouvrir).

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En somme, encore une belle aventure bien américaine!

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