Burn baby burn

Vraie tranche de vie américaine hier matin, je vous raconte.

Je sors de ma douche quand soudain j’entends: « Bam bam bam bam » à la porte de l’appartement. J’entends qu’on frappe également violemment à la porte des autres appartements. Que faire? J’enfile un peignoir et je cours regarder à travers le judas de la porte. Je vois un policier qui s’en va. Toujours la même hésitation: que se passe-t-il?

Une minute plus tard, j’entends des sirènes approcher (ce qui est super fréquent ici, c’est d’ailleurs à se demander si les sirènes sont vraiment nécessaires à chaque fois ou si c’est juste pour le fun), sauf que cette fois, elles persistent. Effectivement, un gros camion de pompiers s’est arrêté juste en-dessous de nos fenêtres.

Toujours rien de suspect dans l’appart mais je me dis qu’il faut clairement que je me barre d’ici rapidos. Je pense: vêtements et passeport.

Une minute plus tard je suis dehors, cheveux mouillés. Au bas de l’immeuble, je croise (dans l’ordre) des pompiers, des flics, des camions de pompiers, des voitures de police, le quartier totalement bouclé et un gentil policier qui me demande d’aller me mettre en sécurité sur le trottoir de l’autre côté de la rue.

Euh, ok mais, comment dire… toutes mes affaires sont dans cet appart et je ne peux vraiment pas croire que je risque de voir tout disparaître, là comme ça, surtout que dans mon appart tout semble aller nickel.

Je tombe sur Cate, une de nos voisines, elle tente d’appeler Spencer, son compagnon, qui dort toujours dans l’immeuble.

Toujours plus de camion de pompiers qui arrivent, un sentiment d’excitation palpable, mais toujours pas de feu sauf un tout petit peu de fumée qui s’échappe du marchand de glaces au rez de chaussée.

Spencer sort finalement de l’immeuble, encore tout endormi et pieds nus.

Ils sortent tout le matos, défoncent la porte d’entrée du glacier, déploient la grande échelle vers le toit et les fenêtres de notre appart.

Au total, 8 camions de pompiers (et pas des petits machins) au minimum arrivent sur les lieux, sans compter les voitures de police et les autres véhicules d’urgence. Impossible de circuler dans le quartier. Je n’ose imaginer le bazar dans les rues adjacentes, le pont, super fréquentés…

Entre-temps, j’appelle Thom pour lui dire qu’on a dû évacuer l’immeuble et que c’est le bordel; j’envoie un message à notre autre voisine qui doit déjà être au boulot pour lui expliquer la situation. Elle me rappelle, complètement paniquée, mais je ne comprends quasi rien avec tout le bruit autour de moi: sirènes et alarmes en tous genres… Elle arrive 15 minutes plus tard, super inquiète pour ses 2 chats (que j’avais totalement oublié).

Au bout d’une heure, après que tout le matos ait été sorti, que tout le monde ait mis sont joli costume de pompier et que l’immeuble ait été inspecté de fond en comble, ils se mettent à tout replier.

A priori, mais rien n’est moins sûr, un départ de feu aurait eu lieu dans la cave du marchand de glaces. Ils ont paniqué à mort car on vit dans un quartier composé d’anciens immeubles mitoyens et que tout ça peut prendre feu très rapidement. Ok.

Bref, au final, nous aurons eu droit au plus grand déploiement d’urgence de DC et à un blocage général de tout le quartier pour un petit peu de fumée.

Notes pour plus tard: au moindre problème, ils seront vite sur place MAIS ne jamais allumer une cigarette dans son appartement au risque de voir débarquer tout un régiment.

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Y a pas à dire, c’est une autre culture

Depuis notre arrivée ici, je m’amuse à faire une liste de toutes ces petites choses qui font que, même si une large partie de la culture américaine nous influence quotidiennement en Europe, il reste des différences éclatantes.

En vrac:

– dans ton appartement, tu as au fond de l’évier de la cuisine, un broyeur. Après plusieurs semaines ici, je suis toujours aussi effrayée de faire fonctionner ce truc: d’un côté, je ne sais jamais ce que je peux y jeter et ce qui risque de tout boucher (on m’a élevée en m’inculquant l’importance de ne pas jeter les restes de nourriture dans l’évier sous peine de tout foutre en l’air, et oui, c’est ça les vieilles pierres), et d’un autre côté, j’ai toujours peur d’y laisser une main (reliquats de films d’horreur, je suppose);

– à DC, mais c’est peut-être symptomatique de la côte est, je ne voudrais pas généraliser, l’américain choisit sa bière, non pas en fonction de la marque, mais sur base d’un autre critère dont je n’ai toujours pas compris le sens exact: IPA, Belgian style… (c’est quoi Belgian style!);

– y a des joggers dans les rues dès 6h du mat et jusque minuit (même le vendredi soir!);

– on contrôle ton identité un nombre incalculable de fois pour savoir si tu es bien sûre d’avoir l’âge pour boire de l’alcool (21 ans pour les incultes) (à 30 balais, ça en devient presque un compliment);

– ils boivent vraiment dans des gobelets rouges lorsqu’ils font une fête ou un bbq;

– être belge, c’est trop tendance et on est forcément tous des experts en bière (et on dit merci quand on nous félicite de faire des si bonnes bières). Je suppose que quand tu es suisse, on te félicite pour tes montres, quand tu es luxo, pour tes banques…;

– quand tu tries tes déchets, tu mets tout ce qui est probablement recyclable dans la MEME poubelle (j’ose supposer que qqun retrie ce qui a été trié sinon je ne voit pas l’intérêt);

– impossible de régler la puissance de ton jet de douche: c’est toujours très fort et puis tu règles la température;

– personne ne t’explique à qui exactement tu dois donner un tip, ni combien (sauf au restaurant où là, parfois, on te fait même la leçon parce que manifestement, si tu as laissé un mauvais tip c’est parce que tu es étranger et sûrement pas parce que le service est merdique);

– ils appellent « beurre » et « mayonnaise », des choses qui manifestement n’ont rien à voir avec du beurre et de la mayonnaise…

– ils sont globalement supra gentils et quasi toujours prêts à rendre service dans la bonne humeur (même si parfois c’est pour avoir un bon tip, au moins, ils tirent pas la tronche)!

Comme on dit: God bless America, my home sweet home

Parenthèse belge

12 jours en Belgique presque uniquement ponctués de restos et d’apéros. La famille, les amis, les anciens lieux du quotidien qui ne sont plus mon quotidien. Le plaisir de retrouver tout le monde et de partager mes premières anectodes américaines.

Un mariage d’anthologie avec le bonheur, à minuit, de se rendre compte que tous tes potes sont là et que finalement, rien n’a vraiment changé…

Mon corps espérait ensuite un peu de repos à notre retour à DC. Mais lorsque j’ouvre la porte de l’appartement, heureuse de me sentir chez moi, je remarque deux paires de tongues sous la table, deux passeports sur la table. Ma première pensée est de me dire que les voisins ont oublié leurs affaires chez nous (pourquoi, je n’en sais rien) et que nos vieux passeports traînent sur la table. Thom ouvre un des passeports et je vois la tête de Maz sur la photo. Pendant un quart de seconde je me dis que Thom a malencontreusement emmené le passeport de Maz avec lui après leur week-end à New-York… Mais comment sont-ils arrivés au Brésil alors? Et puis j’entends du bruit dans l’escalier et je comprends: ils sont là, tous les deux, au milieu de notre salon… Maz et Laeti. Pas vu depuis 8 mois. La dernière fois c’était à Londres, au milieu de l’hiver, la veille de leur départ pour un tour du monde. Depuis lors, ils ont fait des milliers de kilomètres, traversé une dizaine de pays. Je suis leur parcours via leur blog (http://juetlaeti.jimdo.com) et je me sens un peu avec eux dans leur périple… Mais ils ne sont certainement pas sensés être chez nous, ce chez nous qui est si loin et que personne n’a encore jamais vu et en plus sans nous!

Ben si. Et la semaine s’annonce mémorable et le sera. On va chercher les jeunes mariés qui nous ont suivis pour passer une semaine de leur voyage de noces à DC avec nous (encore merci, vous nous manquez déjà) avant de s’envoler pour Hawaii. Ils sont aussi paf que moi. La surprise avait été bien gardée. Merci Thom, Maz et Laeti et toutes les personnes présentes au mariage qui en ont été informées au fur et à mesure de l’alcoolisation du sang de Thom.

Nous voilà tous les 6 dans la rue, simplement, en direction de notre appartement, comme avant. A nouveau, rien n’a vraiment changé.

Puis ils sont finalement repartis et notre nouveau quotidien reprend sa place aujourd’hui.

A présent, je me sens comme à la veille de la rentrée, overboostée, prête à me lancer à la recherche de mon nouveau job et de montrer à ces ricains qu’ils pourraient bien avoir besoin de moi…

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Déjà bientôt de retour en Belgique…

Et oui, le temps file et je prends déjà l’avion demain pour un petit séjour en Belgique et surtout, pour assister au mariage de l’année (à côté, tout le tralala de la Cour d’Angleterre, c’est du petit joueur).

Ca va être très particulier de revenir en Belgique car, c’est un peu comme revenir après de longues vacances sauf que je ne retrouverai pas mon quotidien habituel belge, pas mon job, et que ce sera plutôt l’inverse: c’est ce séjour qui sera en quelques sortes des vacances, alors que j’ai l’impression d’être en vacances perpétuelles depuis le 1er juin… Impressions particulières donc, je ne réalise pas encore tout à fait.

Mais surtout, ça va être génial de revoir beaucoup d’entre vous. Car ici, même si on commence à avoir un quotidien et qu’on rencontre des gens, ce qui nous manque le plus, ce sont nos proches, nos amis.

Impatiente aussi de faire ma valise (pas encore commencé) mais bon, je dois d’abord attendre que le type de Comcast (Voo américain) ait fini d’analyser notre connexion pourrie et j’espère que cette fois-ci (la quatrième tout de même et bien sûr, un technicien différent à chaque fois à qui il faut tout réexpliquer), c’est la bonne et qu’on aura enfin internet et la TV… Pour ça, US ou Belgique, même combat… Il faut de la patience avec les fournisseurs et leur service administratif de merde. J’ai même l’impression que c’est pire ici, mais c’est peut-être parce que je ne maîtrise pas encore bien leur langue et leurs accents et que ça me frustre.

A bientôt donc, et pour ceux qui serait dispo pour faire un truc et que je n’ai pas encore contacté, j’utiliserai à nouveau mon numéro de GSM belge en Belgique… N’hésitez pas!

Sunday fun day

Pour résumer rapidement pour ceux qui ont manqué les derniers épisodes sur Facebook : on a emménagé dans notre appartement, on a acheté un lit (et on a reçu toutes les pièces au bout de 2 semaines – merci Ikea) et des meubles qui nous permettent de nous sentir quasiment chez nous, et on a rencontré nos nouveaux voisins, Scott et Lauren, qui ont l’air aussi content que nous d’avoir enfin rencontré quelqu’un dans l’immeuble (notre immeuble est composé de 4 appartements et de 2 commerces au rez de chaussée). C’est une première occupation car ça vient tout juste d’être rénové et deux appartements sont toujours vides. Faut dire que le prix des loyers n’aide pas… Les voisins eux, ça fait déjà plus de 2 mois qu’ils ont emménagé et je crois qu’ils se sentaient un peu seul.

Bref, ils sont très sympas et nous initient de bon coeur à la culture américaine. Et hier c’était Sunday fun day! J’avoue que j’aurais pas voulu être le courageux Thom qui a du se lever pour aller bosser le matin car si dans l’idée, le Sunday fun day a tout ce qu’il faut pour paraître attrayant et vous enlève toute nostalgie du dimanche soir, dans les faits, tu t’en mords les doigts le lundi matin…

Bref, pour le Sunday fun day, on a été à un match de baseball. Ben oui, c’est la pleine saison du baseball et j’ai toujours voulu assister à un match en vrai. Beau match des Washington Nationals contre les New York Mets d’ailleurs, à qui ils ont mis une belle raclée: 14-1 dont un grand slam (toutes les bases sont occupées et le batteur fait un home run)!

Et un match de baseball, en fait, c’est un moment de sport où finalement tu bois beaucoup, tu manges beaucoup et tu suis un peu le match car y a pas besoin d’être concentré très souvent. Ca convient très bien à Thom au final… Et tu as la possibilité de trouver tout ce que tu veux pour manger et pour boire. A côté, nos stades de foot avec de la bière sans alcool, c’est de la gnognote. Mais bon, faut dire qu’ici, y a pas de hooligans…

On avait des superbes places, en plein soleil et donc en plein cagnard mais on avait l’impression d’être quasiment sur le terrain… Formidable! Tu peux même appeler à un numéro et on vient te livrer bouffe ou boisson à ta place sans que tu ne doives te bouger. J’en ai vu même un se faire livrer une pizza! Mais bon, ça doit quand même pas être courant car il a eu la primeur du grand écran (et le livreur était déguisé en poule géante).

Et en parlant d’écran, entre les parties, y a la fameuse kiss cam: quand y a un gros plan sur toi, t’es obligé d’embrasser ton amoureux (vaut mieux pas que le caméraman se goure). Tout le monde ne s’y prend pas de la même façon (mignon ou pas ragoûtant…) et parfois, t’as comme l’impression que la nana est embrassée par surprise et qu’elle ne connaît même pas le gars…

Après le match, on a ensuite été de bar en bar (ça paraissait être une bonne idée sur le moment), on a même goûté un truc délicieux: du flaming cheese (fromage de chèvre flambé au Grand Marnier).

Retour le soir, commande au thaï du coin (encore délicieux), encore un peu picoler, on regarde un film ensemble et inévitablement, je m’endors dans le canapé supra confortable des voisins…

Vu notre tronche de ce matin et les semaines assez chargées de Thom au boulot (retour en moyenne à 1h du mat la semaine dernière), on a compris la leçon: Sunday fun day, Monday bad day!

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