Snow and the City

En plein milieu de notre second Winter Storm / Polar Vortex / Snow Storm / Ice Storm… (les appellations plus dramatiques les unes que les autres ne manquent pas et me font systématiquement penser à un vieux blockbuster bien pourri), il me semble intéressant de vous livrer le résultat de ma récente analyse comparative.

Primo, le ricain est doué pour le drame (ça met du piment dans son quotidien). Deux ou trois jours avant le début d’une « tempête » (on n’évoque jamais de simples chutes de neige), les médias commencent donc à t’alerter sur ce qui va arriver (ou pas). Car il faut savoir que parfois, ça n’arrive tout simplement pas: t’as eu droit à ta petite décharge d’adrénaline en te disant que demain ça va être un truc incroyable mais finalement… non… juste un gramme de neige.

Donc, la veille ou l’avant veille, les médias te balancent des modèles plus affinés les uns que les autres tentant de prévoir températures et quantités de neige. Pratique pour s’organiser et vous me direz, chez nous aussi on aime parler de la neige et conditions atmosphériques. Vrai. Pourtant ici, une différence notable est à pointer: en cas de prévision de tempête (de neige en tous cas), on agit avant. Cela signifie que les écoles ferment, les administrations aussi, et les bureaux aussi. Tu as droit à des alertes à la tv pendant tes programmes habituels et sur les chaines d’info, notamment, tu peux savoir quelles écoles seront fermées ou ouvriront en retard. Ils appellent ça le snow day. Le but est d’éviter les problèmes de circulations liés aux intempéries et donc d’éviter des accidents inutiles. La décision est prise au niveau du comté et on ne discute pas: congé pour quasi tout le monde. C’est plutôt cool. Toujours étrange quand il ne se passe finalement pas grand chose. Mais mardi c’était pour de vrai: on a d’ailleurs passé une après-midi sympa mardi avec tous les voisins à jouer à des jeux de société en buvant quelques bières, bien au chaud.

On pourrait croire que c’est normal vu la différence de climat avec la Belgique. Et bien pas du tout. Ici à Washington, une neige abondante est plutôt rare. Il semblerait qu’il n’y ait pas eu autant de neige qu’actuellement depuis plusieurs années, et là on parle de 10 à 15 cm, pas des mètres.

Deuxio, et c’est ici une différence majeure, les washingtoniens sont rôdés aux changement brusque de température. En effet, je suis toujours étonnée par les différences importantes qu’il peut y avoir d’un jour à l’autre: lundi après-midi je faisais mon jogging avec 15 degrés celsius et pas mal de joggers se baladaient en t-shirt et puis le lendemain, il neigeait pendant toute la journée avec des températures de -10 en fin de journée, allez comprendre…

Bref, le climat change rapidement et les températures peuvent vite être très basses (ou très hautes en été avec un climat très très humide comme sous les tropiques). Je faisais ma maligne cette semaine car je suis restée à l’appart, recherche de job oblige, mais je suis sortie hier après-midi pour aller faire des courses et je peux vous dire qu’il faisait polaire. Rien que le temps de marcher 10 minutes jusqu’au supermarché et j’étais congelée. Je comprends maintenant mieux pourquoi ils ne cessent de parler de température ressentie: mercredi midi, alors qu’il faisait -10 à midi avec un grand soleil, il faisait en réalité – 20 en température ressentie. Dans ces cas-là, mieux vaut ne pas trainer dehors.

Fort heureusement, et c’est une nouvelle énigme pour moi, il fait particulièrement chaud dans notre appart et pourtant notre chauffage est complètement éteint… Allez comprendre!

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« It’s the best time of the year »

Cette fin d’année 2013 me donne envie de faire le bilan. Cela doit être cet esprit de Noël dont dégouline à peu près tout endroit de DC actuellement (même si je m’attendais à encore mieux). Quand un de nos potes américains disait qu’il trouvait que nous, européens, on était les champions de Noël, j’avais des doutes mais maintenant je le crois… Rien ne remplace l’ambiance d’un marché de Noël avec du vin chaud. Or ici, interdiction de boire en rue donc, pas de vin chaud sur les rares marchés de Noël qu’on a pu voir. Faut l’avouer, ça perd nettement de son intérêt sauf à aimer acheter ces horribles trucs inutiles qu’ils vendent dans les aubettes.

A coup sûr, 2013 restera une année incroyable et mémorable vu le nombre de changements  qui se sont produits dans ma vie.

En vrac: déménagement international, arrêt de mon job d’avocat, éloignement de la famille et des amis, nombre incalculable de démarches administratives diverses et variées, mariage en jeans, rencontre de nouveaux amis, opération à coeur ouvert du padre, découverte d’une nouvelle vie, redécouverte du temps libre, disparition (temporaire) du stress, mariage du Marty, paternité du Bert… mais un des moments les plus mémorables de l’année (parce que je ne l’avais pas du tout prévu, alors que j’adore prévoir les choses) est et restera celui où je vois, sans comprendre, Maz et Laeti dans notre appartement à DC alors qu’il sont sensés être à des milliers de kilomètres dans un tour du monde que je suivais à distance depuis plusieurs mois. Stupéfaction totale, de celles qui mettent un certain temps à être intellectualisées…

Oui, 2013 restera une année spéciale, en plus d’être celle de l’entrée dans la trentaine.

L’entrée dans la vingtaine avait déjà été spéciale, je me demande ce que réservera la quarantaine… mais je ne suis pas pressée, vraiment.

Avant cela, 2014 arrive, sera fêtée comme il se doit en Belgique et j’ose espérer qu’elle m’apportera… un job! Car oui, maintenant, je suis enfin un individu à part entière après 5 mois d’attente et non plus une simple épouse-boulet inconnue de la société: permis de travail, numéro de sécurité sociale, permis de conduire et bientôt compte bancaire et carte de crédit (et donc credit history, si chère au système US)! Tout y est.

Friendsgiving et Black Friday

Premier Thanksgiving en terre US. Tout ce que je connaissais de Thanksgiving jusqu’à présent, devait se limiter aux épisodes annuels de Friends. Et bien en vrai, c’est pas fort différent. On fait une quantité de bouffe monstrueuse (la dinde faisait 14 pounds tout de même, pour… 5 personnes), on remercie d’être so blessed, on mange jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus, on boit du bon vin, on regarde un peu le foot américain puis on regarde un film et on s’endort devant en faisant une bonne sieste… En gros, cela ressemble à un pré Noël.

Et en fait, Thanksgiving pour les américains représente, c’est mon impression, la fête familiale par excellence, encore plus que Noël. Ils sont capables de faire des centaines de kilomètres pour une fête en famille, souvent élargie. Pas de cadeaux mais une véritable envie de passer du temps ensemble. Il faut s’imaginer que bien souvent, les américains vivent loin de leur famille, surtout à DC, capitale fédérale oblige, où beaucoup de personnes vivent là en raison de leur job et pas vraiment par qu’elles sont originaires de la ville. Et le territoire de ce pays est tellement immense…  La notion des distances est vraiment différente de notre perception européenne, et encore plus, de notre petite perception belge. En Belgique, quand tu fais 3 heures de route, tu es déjà à l’étranger. Ici, c’est pas un problème de faire l’aller-retour dans la journée.

Pour nous, pas de famille dans le coin donc ça tombait bien que nos voisins, qui pour une fois ne passait pas Thanksgiving dans leur famille, nous invitent pour nous faire découvrir leur tradition: donc dinde énorme, purée, gravy (sauce accompagnant la viande et les patates), yams (patates douces épicées), haricots verts, pommes caramélisée, pumkin pie et crème fraîche en dessert… D’où l’appellation Friendsgiving, quand tu passes Thanksgiving avec tes amis et non en famille.  En passant par là, j’en ai profité pour leur faire découvrir une de nos traditions: le vin chaud! Ils ont apprécié (même si avec les américains, c’est toujours un peu compliqué de savoir car tout est toujours amazing). Mais bon c’est toujours bon le vin chaud!

Et le corollaire de Thanksgiving, c’est le Black Friday! Pour ceux qui ne connaissent pas, le lendemain de Thanksgiving (qui tombe toujours le 4ème jeudi de novembre), soit un vendredi, c’est un jour de soldes monstres. Si aux US tu as déjà des soldes pour à peu près toutes les occasions (Labor Day, Memorial Day, Veteran Day…), le Black Friday, c’est supposé être encore mieux. Alors, pour vraiment pousser le truc à fond, certains magasins ouvrent déjà le jour de Thanksgiving à minuit, voire même déjà à 20 heures (c’est un peu comme ouvrir les magasins à 20 heures le jour de Noël: impensable en Belgique). Donc en gros, après avoir mangé et bu toute la journée en profitant de ton jour férié, tu te pointes à ton magasin préféré avec plein d’autres gens qui ont eu la même bonne idée, pour aller acheter des trucs dont tu n’as sûrement pas besoin (où pour commencer tes courses de Noël, c’est vrai qu’on est déjà presque en décembre) et surtout, les magasins restent ouverts toute la nuit! Acheter un écran plat à 3 heures du mat, qui dit mieux? Chaque année, il y a des quasi émeutes dans certains magasins, surtout d’électro… Bref, très peu pour moi. Je m’y suis risquée uniquement le vendredi aprèm et franchement, c’était comme un bon samedi. Mais c’est vrai que je me suis limitée aux magasins de fringues.

Et puis le Black Friday est suivi du… Cyber Monday, le lundi suivant! Rebelote mais sur le net cette fois. En gros, grosses promos un peu partout pendant la semaine qui précède Thanksgiving et celle qui suit. Je consomme, tu consommes…

Et à peine Thanksgiving passé, il ne faudrait pas retomber dans le creux de la vague. Bim, dès le samedi, c’est Noël qui commence! Tu vas chercher ton sapin et tu te mets à chanter du Kenny Rogers.

Enfin voilà, pour moi qui ai été élevée dans l’idée que « on ne fait pas de sapin avant le 15 décembre sinon c’est trop tôt » (dixit ma gentille maman), ça me change vachement mais ça tombe bien, j’adore Noël. Happy Holidays!

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Breaking Halloween

Après les événements d’hier (je me suis bien gamelée dans les bois lors d’une petite sortie jogging) (pour votre parfaite information de mon état médical, la jambe gauche est bien amochée mais c’est superficiel et la cheville droite bien foulée mais pas cassée ni déboitée malgré un gonflement instantané impressionnant), repos forcé pour quelques jours et donc retour sur le mois écoulé.

Tout d’abord, premier Halloween en sol US. Après avoir vu apparaître des citrouilles un peu partout devant les maisons et dans les vitrines depuis plusieurs semaines, ça sentait le Halloween à plein nez. Je suis d’une génération qui n’a jamais vraiment fêté Halloween en Belgique (ça n’était pas encore vraiment importé, voire juste une énième occasion de faire la fête à l’unif ou de regarder un bon vieux film d’horreur). Ici, il n’y a pas à dire, c’est une fête importante, surtout pour les enfants. Vivant dans un building, nous n’avons pas eu la visite d’enfants pour le célèbre Trick or Treat mais j’ai quand même eu droit à ma première initiation de sculpture de citrouille.

On s’est donc creusé un peu la tête pour trouver un déguisement pas trop ridicule et on s’est retrouvé en serveuse de Los Pollos Hermanos pour moi et poulet promotionnel géant pour Thom (ceci étant une allusions à la série Breaking Bad pour ceux qui l’ignorent). On avait même imprimé des flyers. Au final, on est plutôt fiers de nous car notre déguisement à fait un carton! La soirée qui l’accompagna fût également une réussite, du moins pour les parties dont on se souvient… Le Zombie Bowl (tout est dans le nom) y est pour quelque chose.

Le lendemain, « compliqué » pour certains d’entre nous, Scott, notre voisin qui bosse pour la Maison Blanche, nous a emmené avec lui pour la visite des jardins de la Maison Blanche. Rien que ça! On était à 1 mètre de l’entrée principale et on a pu voir la West Wing et les bureaux de Barack de près (mais toujours de l’extérieur). On a vu le potager privé mis en place par Michelle Obama, la roseraie de Jackie… Vraiment un moment incroyable! Dommage pour la nausée perpétuelle…

La dernière aventure en date est ensuite mon petit séjour de 3 heures aux urgences hier. Grosso modo, similaire à ce que j’avais pu expérimenter en Belgique quand je m’étais déjà tordu la cheville il y a quelques temps. Un peu plus long cette fois-ci mais les dégâts étaient aussi un peu plus importants. Le personnel du George Washington University Hospital a été très sympa, j’ai eu ma radio dans les 2 heures et je suis ressortie de là avec des béquilles à l’américaine (leçon d’utilisation en prime) et un Aircast (sorte d’attèle en plastique et gonflable sur les côtés au cas où tu as besoin de plus de soutien).

Chose étrange, on ne nous a pas demandé de payer quoique ce soit. Notre assurance santé fournie par l’employeur de Thom doit vraiment être bonne. Enfin, on verra quand on recevra les détails ou d’éventuelles factures pas courrier. Suite au prochain épisode…

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Happy campers

Première échappée hors de DC pour nous le week-end dernier, puisque nos gentils voisins nous avaient invité à venir camper avec eux et 2 couples de leurs amis (anciens cokotteurs de Lauren), dans le Shenandoah National Park.

On a eu du bol, le shutdown n’était pas encore en action… A un week-end près, on aurait acheté notre tente et nos super matelas chez REI pour rien puisque tous les parcs nationaux (entre autres) sont fermés depuis mardi.

En résumé, un week-end super où on a pu partager à l’envi toute la culture du camping à l’américaine. Entre clichés cinématographiques et belle nature, on a été servi.

Avant tout, c’est très ordonné. Pour moi qui n’avait quasiment connu le camping qu’en festivals (et au passage, les ricains, quand tu leur racontes, ils n’en reviennent pas que tu aies pu voir Bloc Party, les Killers et Coldplay sur la même soirée), ben… ça n’a pas grand chose à voir car pas question de faire ce que tu veux quand tu veux et où tu veux.

Tout a commencé quand on a voulu mettre 3 tentes sur notre gigantesque emplacement de camping en plein milieu des bois (ah non, le ranger te dit que c’est maximum 2 tentes par emplacements, faut la déplacer de 5 mètres…), ça a continué quand Thom a eu la bonne idée de couper un arbre mort à la hache (ah non, les rangers te disent qu’il est interdit de couper du bois mort, juste autorisé de le ramasser par terre), et ça s’est terminé par une descente du ranger en chef venu nous interroger fermement pour cause de dénonciation calomnieuse.

Alors que je suis en train de faire une bonne sieste du juste, j’entends un type qui débarque sur notre campement et qui somme tout le monde de sortir son ID et de lui avouer ce qu’on a à se reprocher. Là tu fais pas le malinois car rien qu’à l’intonation du gars, tu sais qu’il faut pas faire le malinois. On lui demande très très poliment quel est le problème. Il pose tout un tas de questions très directes pour finalement nous demander si on sait quelque chose au sujet d’une pipe, laquelle lui a été signalée par un de ses gars qui nous surveillait (déjà que c’est pas rassurant de savoir que tu peux voir débarquer un ours à n’importe quel moment, si en plus un pseudo garde te mate depuis la forêt autour sans faire de bruit, merci…). Ben, non, on a pas de pipe nous (pour du crack ou quoi). Il nous dit clairement qu’il nous demande pour la dernière fois si on a rien à se reprocher car après lui, il y aura plus tard une descente pour vérifier qu’il n’y a rien d’illégal ici et s’ils trouvent qqch, ben c’est la prison direct. Ben non, Sir, rien, on a juste tenté de couper un arbre mort mais on nous a dit qu’on pouvait pas. C’est noté, punt.

Perso, quand je lui ai tendu gentiment mon passeport, j’ai eu droit à un très sec: « Where’re you from? » Non seulement c’est marqué sur le passeport mais en plus j’ai vraiment eu l’impression qu’il posait la question car c’était bizarre qu’un étranger soit là. J’ose pas imaginer si j’avais été mexicaine ou palestinienne…

Bref, au bout de 5 minutes, il se radoucit comme un agneau, d’autant plus au moment où il se rend compte que les gobelets sur la beerpong table (célèbre jeu bibitif pour ceux qui ignorent) sont remplis avec de l’eau… Il a vraiment eu l’air déçu, dans le genre, pfff, bande de petits joueurs!

Ensuite, on a eu droit à tous les classiques du camping: les super burgers bien juteux, les délicieux hot dogs Nathan’s cuits sur une pique, les marshmallows qu’on fait fondre dans le feu (sur une pique également) puis qu’on place entre 2 biscuits et un morceau de chocolat (ça s’appelle un s’more, car « I want some more« ) et même un bon vieux chili. Sans oublier que, chaque nuit et chaque fois qu’on quitte le camps, toute la bouffe doit impérativement être rangée dans la boîte spécialement conçue pour résister à toute tentative d’ouverture par un ours (résistant et compliqué à ouvrir).

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En somme, encore une belle aventure bien américaine!

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